« Le roi Kazumba s’enrichit au nom de la guerre ? »
La guerre que subit la République démocratique du Congo est devenue, pour certains, un véritable business et un moyen d’enrichissement au sein même des institutions publiques. Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent pour dénoncer l’enrichissement présumé de certains dirigeants sur fond de conflit armé, notamment à travers la surfacturation de biens et de matériels, mais aussi via le soutien financier communément appelé « effort de guerre ».
La récente découverte relative à la gestion de William Kazumba, directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem), par son ministère de tutelle, semble lever le voile sur des pratiques pour le moins controversées.
Une lettre qui fait tomber le masque
Dans une lettre datée du 22 janvier 2026, le Vice-Premier ministre et ministre des Transports et Voies de communication s’est adressé au directeur général de l’Ogefrem afin de demander des justifications sur des décaissements dépassant un million de dollars américains. Ce document officiel a ravivé les soupçons d’un enrichissement de certains mandataires publics derrière le noble prétexte de l’effort de guerre.
Selon les informations révélées, William Kazumba aurait mis en place une initiative présentée comme un soutien du gouvernement dans la guerre injuste imposée à la RDC par le Rwanda. Toutefois, derrière cette démarche se cacherait une volonté manifeste de tirer profit financièrement du conflit.
Le rôle trouble du « fonds secret de recherche »
C’est à travers les révélations attribuées à Jean-Pierre Bemba que l’opinion publique découvre l’existence d’une rubrique budgétaire controversée, dénommée « fonds secret de recherche », utilisée pour justifier des sorties massives de fonds au nom du soutien à l’effort de guerre.
Si le directeur général de l’Ogefrem reconnaît avoir libéré un million de dollars américains comme contribution officielle de son établissement à l’effort de guerre, il demeure cependant incapable de justifier plus de 6 000 dollars décaissés sous le label de ce fonds secret de recherche.
150 000 dollars en un seul mois
Plus grave encore, les documents examinés révèlent que pour le seul mois de janvier 2026, le directeur général de l’Ogefrem aurait fait décaisser plus de 150 000 dollars américains, toujours au nom de cette même rubrique.
Ces révélations renforcent les accusations formulées par plusieurs organisations non gouvernementales, qui dénoncent depuis longtemps l’enrichissement illicite de certains dirigeants congolais derrière la guerre, au détriment de la population et des véritables efforts de défense nationale.
Alors que le pays est confronté à une crise sécuritaire majeure, ces pratiques présumées jettent une ombre lourde sur la gestion des fonds publics et interpellent sur la nécessité d’une transparence accrue et de sanctions exemplaires.
