Le fils cadet de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, a été tué mardi 3 février 2026 lors d’un assaut ciblé contre sa résidence. Cette mort marque la fin brutale de celui qui fut longtemps perçu comme le successeur désigné du régime et, plus récemment, comme un acteur clé du retour de l'influence « verte » en Libye.
L'assaut : un commando de quatre hommes
Les faits se sont déroulés aux alentours de 14h00 à Zenten (ou Zintan), ville montagneuse du nord-ouest de la Libye où il résidait depuis plusieurs années. Selon son avocat, Khaled al-Zaidi, et des membres de son bureau politique, l'opération a été menée avec une précision chirurgicale :
- Mode opératoire : Un commando de quatre individus masqués a investi sa résidence après avoir pris soin de désactiver l'ensemble du système de vidéo-surveillance.
- Confrontation : Une « confrontation directe » a éclaté dans l'enceinte de la propriété, au cours de laquelle Seif al-Islam a été mortellement touché. Les assaillants ont pris la fuite immédiatement après les tirs.
Réactions et zones d'ombre
Si son équipe politique dénonce un « assassinat lâche et traître », le flou entoure encore l'identité des auteurs et leurs commanditaires.
- Démentis : La Brigade 444, l'une des forces armées les plus puissantes de l'ouest libyen, a publié un communiqué catégorique niant toute implication dans l'incident.
- Contradictions familiales : Alors que la plupart des sources confirment le décès à Zenten, une déclaration attribuée à sa sœur, rapportée par certains médias libyens, évoque une mort près de la frontière algérienne, ajoutant à la confusion initiale.
- Enquête officielle : Le bureau du procureur général à Tripoli a annoncé l'ouverture immédiate d'une enquête criminelle pour identifier les responsables.
Un destin tourmenté : de l'héritier au fugitif
À 53 ans, la vie de Seif al-Islam résume à elle seule les déchirements de la Libye post-2011 :
- Le Réformateur (avant 2011) : Éduqué à la London School of Economics, il se présentait comme le visage moderne du régime de son père, prônant des réformes économiques et diplomatiques.
- Le Paria (2011-2017) : Capturé par les milices de Zenten lors du soulèvement de 2011, il est condamné à mort par contumace à Tripoli en 2015, tout en étant réclamé par la Cour Pénale Internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.
- Le Revenant (2021-2026) : Après sa libération par ses geôliers en 2017, il sort de l'ombre en 2021 pour annoncer sa candidature à l'élection présidentielle, galvanisant les nostalgiques de l'ancien régime.
Quel impact pour la Libye ?
Sa disparition crée un vide politique majeur pour le courant kadhafiste, au moment où le pays reste divisé entre le gouvernement de Tripoli (GNU) à l'ouest et les forces du maréchal Haftar à l'est. Pour de nombreux analystes, cet assassinat pourrait soit déclencher une nouvelle vague d'instabilité, soit écarter définitivement un candidat gênant pour les puissances en place.
