Détenu à la prison centrale de Makala, Parole Kamizelo, cadre du PPRD et proche du président honoraire Joseph Kabila, vient de récuser l’ensemble de la chambre chargée de son dossier devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema.
Poursuivi pour « outrage au Chef de l’État » et « imputations dommageables », l'opposant dénonce un manque d'impartialité flagrant dans la conduite de son procès. Dans une correspondance déposée le lundi 9 février 2026, il invoque des irrégularités majeures qui, selon lui, entachent la sérénité des débats.
Des accusations de partialité et de torture
Le point central de cette récusation repose sur la composition de l'organe de la loi. Parole Kamizelo dénonce :
- L'influence de la Présidence : Il signale la présence, parmi les officiers du ministère public, de membres du Conseil National de Cyber-défense (CNC), un service rattaché directement à la présidence de la République.
- La nullité des preuves : L'opposant rejette l'ensemble des procès-verbaux établis par ce service. Il affirme avoir été détenu illégalement et avoir subi des actes de torture lors de ses premiers interrogatoires. Selon sa défense, ces aveux obtenus sous la contrainte sont juridiquement nuls.
Le tribunal face à un délai de 72 heures
Ce recours suspend momentanément l'examen du fond de l'affaire. Conformément à la législation en vigueur :
- Le Tribunal de paix de Kinshasa/Ngaliema doit statuer sur cette demande de récusation.
- Une décision est attendue dans un délai de 72 heures.
En attendant le dénouement de ce feuilleton judiciaire, Parole Kamizelo reste en détention à Makala. Cette affaire relance le débat sur l'indépendance de la justice face aux services de sécurité rattachés à l'exécutif.
Par CKM
