* Il a demandé pardon, il a même démissionné de son poste, mais le "commando" ne le lâche pas.
Plus rien ne tourne rond autour du Professeur Modeste Bahati, surnommé par certains acteurs politiques "Maradona", depuis sa sortie médiatique au cours de laquelle il a exprimé sa pensée sur un éventuel changement de la Constitution de la RDC. L'Union Sacrée, plateforme politique du Président Félix Tshisekedi, comme d'autres ténors proches du pouvoir, n'ont pas digéré cette liberté qualifiée d'indiscipline ou de trahison.
Ils ont lancé une armada pour détruire l'autorité morale de l'AFDC-A, par ailleurs 2e vice-président du Sénat. Devant la pression de ses compères de la mouvance présidentielle, il a fini par s'agenouiller et a demandé pardon. Pardon au Chef de l'État, pardon aux cadres de la mouvance présidentielle. Hélas ! Cela n'a pas suffi à donner l'ordre au "commando" de ne pas punir le "Maradona".
Ses collègues ayant initié une motion de destitution, il a cru bon de démissionner de son poste de deuxième vice-président du Sénat, en espérant atténuer la colère de ses alliés de l'Union Sacrée de la Nation. Malgré cette décision courageuse, Modeste Bahati ne semble pas bénéficier de la clémence de la majorité. Et comme s'il était désormais poursuivi par le signe indien, il vient d'être débarqué de ses fonctions d'autorité morale et de président national de l'AFDC-A, le regroupement dont il est le créateur absolu.
En effet, pas plus tard que le mercredi 25 mars 2026, Modeste Bahati Lukwebo a été destitué par quelques cadres dirigeants de sa propre formation. L’annonce a été faite à l’issue d’une conférence de presse organisée à l’hôtel Kin Plaza Arjaan by Rotana, au cours de laquelle les responsables de son parti et ceux de son regroupement politique ont acté une nouvelle orientation dans la gestion de la crise interne. Pour assurer la continuité et encadrer la transition, la direction de l’AFDC-A a désigné Otto Bahizi comme coordonnateur intérimaire. Il aura pour mission de piloter le parti jusqu’à l’organisation d’un congrès appelé à redéfinir les structures dirigeantes.
Que reproche-t-on au Professeur Modeste Bahati ?
Plusieurs reproches sont faits à l’encontre de Modeste Bahati Lukwebo, notamment une récente sortie médiatique effectuée sans concertation avec les membres cofondateurs. Les cadres du parti dénoncent également une gestion jugée opaque, un déficit de communication interne ainsi qu’un manque de consultation des instances décisionnelles.
Un autre grief de taille : une perception grandissante d’une gestion à caractère familial de la formation politique, un point particulièrement sensible au sein des militants.
De l'avis des observateurs, cette décision marque un tournant majeur pour l'avenir de l’AFDC-A, formation politique influente sur l’échiquier national. Elle ouvre une période d’incertitude quant à l’avenir du regroupement, alors que ses dirigeants appellent à l’unité et à la réorganisation interne. Le congrès annoncé sera déterminant pour redéfinir les orientations stratégiques du parti et tenter de restaurer la cohésion entre ses différentes composantes.
Contactés par notre rédaction, quelques cadres qui lui sont restés fidèles parlent d'une "pièce de théâtre" et lui renouvellent leur loyauté. Pour eux, le dernier congrès organisé avait déjà évacué cette question, et les cadres et militants du parti ont renouvelé leur confiance au Professeur Modeste Bahati Lukwebo.
CKM
